Donc, si ce que j'ai écrit (j'ai mis le doc en attachement) vous inspire quelques réflexions, ou si votre inspiration vient d'ailleurs, merci d’écrire les deux/trois choses que vous avez absolument envie de dire pendant cette table Ronde, ce qui me permettra d’une part d’imaginer un fil conducteur, de l’autre, de vous poser les bonnes questions et de mieux orienter celles de la salle.
Ecrivez aussi votre présentation et la motivation de votre présence. La co-présence de vos réflexions sur une même page sera j'en suis sûr stimulante (en tous cas pour moi ;-)
(Richard)
(Ludovic) Il faut bien sûr revenir à la définition du Web 2.0: Technos pur Web pures + Participation des utilisateurs.
Côté techno, pour l'entreprise je pense que le passage aux technos web est déjà en cours depuis longtemps. Simplement c'est une migration lente et progressive. Elle prends nécéssairement beaucoup de temps et va encore en prendre. Les entreprises doivent faire évoluer leur structure et leurs systèmes actuels. Cela peut vouloir dire attendre que leurs fournisseurs actuels proposent des évolutions, ou migrer vers de nouveau systèmes. De plus il est important de notre qu'en parralèle une deuxième révolution à lieu. Celle de l'ASP et de l'infogérence. Les entreprises ont aujourd'hui le choix entre gérer eux même leurs outils informatiques, les faire gérer ou s'abonner à des services. Ces choix dépendent assez souvent de la taille de l'entreprise. En réalité cela complexifie un peu la situation. Car non seulement les entreprises sont confrontés à une évolution technologique mais en plus elles sont confrontés à une évolution de la commercialisation de ces services: SaaS, Open Source, ASP, Infogérance.
Côté participatif, la c'est une très grand révolution pour les entreprises. Elles sont à peine au début de ces usages. Elles se sont doucement accoutumés aux technologies Web et maintenant on leur montre des usages qui vont très loin et qui ont des conséquences sur les organisations. Ce sont des nouveaux standards qui sont en train de se créer. Jusqu'a maintenant les outils informatiques ont une forte tendance à "optimiser" les processus existants de l'entreprises. Le Web 2.0 pour l'entreprise c'est repenser les processus en fonction des capacités donnés par l'outil Internet. C'est ça qui est difficile et qui prend du temps.
Tout le challenge c'est de faire cette évolution au bon rythme. Par trop vite pour pas tout chambouller en même temps. Par trop tard pour ne pas se retrouver "out", vis-à-vis des consommateurs, mais aussi des employés.
Mais alors quelles évolutions:
- partager l'information, communiquer sur ce que chacun fait, mettre en commun les informations projets, ouvrir un peu plus les accès (moins de retention d'information)
- la relation consommateur en temps réel, les cycles de feedback
- la communication exterieure, transparence, ouverture, blogs personnels des employés
- la communication inter-entreprise (groupe de travail, pôles de compétitivité, projets transversaux, etc..)
(Fabien)
Web 2.0
J'ai beaucoup de mal avec les définitions et celle du web 2.0 en particulier, en revanche je partage tout à fait la nécessité de revenir aux usages pour expliquer ce qui est en train de se passer.
Pour faire écho à votre présentation un lien vers les slides de fred Cavazza lors de l'université de printemps de la FING vendredi dernier sous un titre volontairement transversal (les outils de l'EntreNet selon l'expression de Daniel Kaplan)
http://www.fredcavazza.net/doc/UpFing06_EntreNet_Web2.pdf . je vous invite d'ailleurs à consulter les premiers retours de ces ateliers de la fing sur
http://www.openfing.org/upfing06/index.php/Accueil
*Pour donner les axes des interventions de Nextmodernity à cette table ronde : *
En préparant un autre atelier, je me suis amusé à lister tous les outils "web 2.0" que j'ai testés pendant le mois de mai en m'esbaudissant devant telle ou telle invention, fonctionnalité etc , soit 47 :-p
… puis à lister ceux que j'ai retenu dans ma pratique quotidienne : résultat 0. Et pourtant il m'arrive souvent d'en citer quelques uns que je trouve particulièrement brillants, bien pensés et hum.. Presque indispensable. Ça calme.
L'hyper activité numérique et sociale d'un pourcentage encore faible d'internautes aguerris aux usages des réseaux sociaux, blogs, flux rss et autres flickR, déforme quelque peu l'impact réel actuel de ce qui se passe autour du web 2.0 .
Pourtant il est clair qu'il "se passe quelque chose" de très nouveau, très différent, qui va transformer nos usages et nos organisations. Mais comment?
Je pense que cela se fera d'autant mieux que nous irons de notre pas tranquille vers ce qui est une évidence : Pour tout un tas de raisons qui vont bien au delà des seules possibilités offertes par les mutations technologiques (épuisement des vieux modèles, recherche de nouvelles pistes pour une mondialisation plus attentive aux différences, développement durable, etc), Les individus désormais sont appelés à mieux collaborer, travailler en confiance, participer et échanger . Ce n'est pas qu'une question éthique, c'est aussi une question de survie pour les entreprises et les organisations.
Le web 2.0 dans sa définition la plus couramment admise est en cela certainement bien ailleurs que là ou on veut le circonscrire : il est déjà en puissance dans l'appel à critique littéraire du grand vieillard Amazon, dans la prise de parole des consommateurs qui surfent sur Ciao, dans les usages les plus marchands ou grand publics des communautés en lignes.
Nous pensons que le Web 2.0 dans ces aspects participatifs, final user et utilisabilité est dejà à la porte des entreprise.. mais qu’il faut juste « désintimider » les usages et commencer par l’essentiel : expliquer, expérimenter, et accepter les juste bilans : tout n’est pas bon à prendre.
En guise d’illustration je voudrais évoquer la remarque de ce client qui quelques mois après le lancement de son blog interne, reviens vers nous un beau matin l'air effaré en s'exclamant :" Ce que vous aviez fait pour nous c'était donc un blog ?? c'est donc ça? " Nous n'avions jamais prononcé le mot "blog" durant toute la mise en place du projet.
Le mieux étant encore sans doute de laisser parler les entreprises, nous ferons intervenir un client, Le Groupe SBI informatique, qui a choisi de s'engager clairement dans une démarche de communication et de marketing fondée sur les échanges, les réseaux et la pratique du blog.
(Miguel)
Petit rappel sur la démocratie 2.0
Ce qui me frappe le plus actuellement dans ce qu'apporte le web 2.0 est bien entendu le coté participatif et ce qu'il induit comme révolution dans notre société. En plus, depuis le mois de janvier je le vis intensemment avec l'affaire Mayetic, où sans le web 2.0, jamais nous n'aurions pu faire connaître la vérité sur notre affaire alors que nous avions subi campagne de diffamation et censure de la part des médias et pouvoirs traditionnels.
Or cette ouverture extraordinaire faite au citoyen de base de pouvoir exprimer dans un lieu public, sans aucune censure, et avec un relai potentiellement important, est un véritable point de rupture. Il ne s'agit plus ici de partager des photos de famille et de discuter entre copains sur des sujets quelconques. Il s'agit d'avoir une vraie liberté d'expression (malheureusement fort virtuelle dans l'ancien monde), de jouer un rôle actif dans notre société, et finalement de pouvoir enfin pleinement assumer ses devoirs et faire respecter ses droits de citoyens.
Cette révolution est réellement fondamentale, et va modifier inéluctablement le rapport de l'individu à la société d'une part, et du pouvoir au citoyen d'autre part.
Le 26 février,après 4 semaines folles suite à mon premier billet sur l'affaire Mayetic, j'écrivais un billet intitulé : "le mensonge sera-t-il toujours possible en démocratie 2.0 ?" où je démontrais comment le web participatif créait un avant et un après en terme de démocratie, faisant entrer cette dernière dans une nouvelle ère, celle de la vraie démocratie participative.
Je concluais en résumé qu'il sera donc de plus en plus difficile de mentir, car les mensonges n'ont de portée que s'ils sont camouflés. S'ils deviennent patents car la vérité a pu être rendue publique et facilement démontrable, ils se retournent forcément contre le menteur.
Web 2.0 et gouvernance d'entreprise = Entreprise 2.0
Quel rapport avec la gouvernance d'entreprise ? Qu'au travers de ce vécu et de cette illustration, il devient beaucoup plus clair de ce que sera l'impact réel du web 2.0 dans l'entreprise. Il va permettre bien entendu, comme le disent mes camarades de table ronde et comme moi-même je le défends depuis une dizaine d'années, de permettre au travail collaboratif et au véritable échange participatif de prendre position dans l'entreprise et d'accroitre globalement l'efficacité collective.
Mais je pense que
le véritable point de rupture des technologies du Web 2.0 dans l'entreprise va être l'impact sur la gouvernance d'entreprise. Ce n'est qu'à partir du moment où cette gouvernance d'entreprise sera structurellement modifiée en profondeur que l'on pourra changer d'étape et passer à l'"
Entreprise 2.0". Car on retrouve finalement dans l'entreprise les mêmes tares que dans l'exécution du pouvoir. Peut-être même parfois plus, puisqu'une entreprise n'est pas, et ne doit pas forcément avoir pour objectif d'être, une démocratie.
L'usage des technologies participatives dans l'entreprise risque alors de bouleverser encore plus radicalement les relations hiérarchiques entre individus, surtout dans un pays comme la France où elles sont particulièrement marquées. D'un management top-down, il va falloir passer à un véritable management en réseau, où le supérieur hiérarchique ne pourra plus baser sa légimité sur son autorité à ordonner le travail des uns et des autres, mais devra devenir tout à la fois coordinateur, animateur, conseiller et arbitre.
Et de même que pour la démocratie 2.0, le mensonge, l'incompétence et autres tares pouvant être plus facilement dissimulées dans un management autoritaire, seront dévoilées au grand jour dans un management participatif imposé par l'usage des outils.
L'introduction de ces technologies dans l'entreprise, et des usages qui vont avec, est inéluctable. On connait ici la même révolution que lors de l'arrivée des intranet dans l'entreprise.
C'est c'est beaucoup plus fort avec le web participatif, où la remise en cause du management est totale, et par là même l'organisation de l'entreprise elle-même. C'est pour cela que j'ai décidé depuis quelques temps de remplacer dans mon discours le terme de "e-management" par "Management 2.0", et celui de "e-organisation" par "Entreprise 2.0". Non pas pour tomber sous l'effet de mode mais parce les termes en "e-" n'impliquent pas une rupture. Le "2.0" oui.
L'entreprise 2.0 sera donc une organisation transversale, où l'information circulera de manière fluide, bien que sécurisée, et où la créativité de tout un chacun pourra pleinement s'exprimer, sans tabou, de par la possibilité d'écrire, de dire, de montrer, de dialoguer, d'échanger, de contre-dire, de discuter, de participer, et en définitive de construire ensemble. En découleront des vertus importantes, telles que l'efficacité individuelle et collective, une productivité accrue, une qualité nettement améliorée, une éthique augmentée avec par exemple la prise en compte de la dimension durable des choses à laquelle sont de plus en plus sensibles les citoyens, une valorisation personnelle bien meilleure, etc...
Les dirigeants d'entreprises, petites ou grandes, qui sauront les premiers anticiper sur ces nouveaux usages, aussi bien en interne qu'en externe de leur entreprise, seront les premier à tirer les véritables profits de cette nouvelle gouvernance d'entreprise. Il faut investir massivement, former et accompagner les utilisateurs (de tous niveaux), car adopter ces usages ne se fait pas du jour au lendemain. Il ne s'agit pas ici d'apprendre à utiliser un logiciel quelconque. Il s'agit ici de réfléchir différement, de travailler différemment, d'établir des relations hiérarchiques différentes, et cela ne se fait pas en un jour, mais plutôt en plusieurs mois. Il faut donc s'y prendre le plus tôt possible, afin d'en tirer les fruits le plus tôt possible également.
(Benoît)
web2.0, sponsor de la génération spontanée de nano-entreprises.
A mes yeux, web2.0, en terme d'impact pour les entreprises, si j'excepte les conséquences lourdes sur certains secteurs particulièrement visés, est, avant tout un sujet de taille et de forme. Car potentiellement, les conditions vont être petit à petit remplies pour la création et la multiplication des nano-entreprises.
En effet, web2.0 permet une "low costization" de tout un ensemble de procédés lourds et coûteux de l'entreprise, par exemple :
- la nano-publication, qui permet pour une petite PME de ne plus passer par une web agency pour faire vivre son site internet
- plus généralement, le nano-marketing, les liens sont de plus en plus apparants, et l'effet d'influence ainsi que l'accès aux cibles devrait réduire les coûts marketing sensiblement (adwords)
- la facilitation de l'intelligence technologique et de la veille, ce qui pour toute les professions liées à l'information est un levier spectaculaire
- la dématérialisation de la relation client et fournisseur (le travailleur indépendant nomade existe désormais, depuis la 3G et l'ADSL et le portable A4)
- pour les outils de gestion des processus, les web services, et l'existence de plateformes de services standardisées (ex : google writely, google calendar, google spreadsheet)
Bref, cette banalisation de processus constituant autrefois des centres de coûts prohibitifs pour la survie de petites entités économiques, permet désormais la viabilité de nano-boutiques.
Citons quelques exemples :
- les professions libérales, les artisans
- les services d'assistance (dépannages etc ...)
- les consultants de tout poil
- les artistes, les labels,
- les magazines
Les blogs collectifs de type magazine me semblent déjà être révélateurs de la possibilité d'existence économique pour des acteurs malins et organisés (bouleversant, de facto, la viabilité économique des vieux acteurs, en général lourds et rigides).
Ainsi, en permettant de briser le couperet de sélection naturelle par la taille, web2.0 devrait distordre les équations économiques, libérer des énergies et permettre d'autres formes de vies entrepreneuriales : les nano-entreprises.
(Frédéric)
http://www.soussin.net/web2/
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